Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/03/2012

Le 8 mars c'est la journée Mondiale de la Femme (dessin Mercenier)

journéefemme.jpg

Hoyos dit non à 120 000 € d’indemnités

Contrairement à José Happart, elle renonce à son parachute parlementaire.

Emily Hoyos, nouvelle coprésidente d’Ecolo, vient de renoncer à la totalité des indemnités auxquelles elle avait droit en tant que présidente du parlement wallon et députée. Elle en a averti le greffe de l’assemblée régionale (c’est-à-dire son administration interne) hier après-midi. "Par la présente, veuillez acter ma démission de mon mandat de députée wallonne et communautaire, qui prendra effet le mardi 13 mars au soir. Je vous informe par ailleurs que je renonce à la totalité de mes indemnités de départ, tant celles liées à mon mandat de présidente qu’à celles liées à mon mandat de députée", explique-t-elle dans un mail dont nous avons eu connaissance.

Allez, combien ? La somme était pourtant bien rondelette : 120000 euros bruts, confirme Frédéric Janssens, greffier du parlement wallon. Pourquoi un tel sacrifice d’Emily Hoyos ? Contactée entre deux réunions, elle s’explique : "Tout simplement parce que je démissionne le 13 et que j’ai un salaire dès le 14, confie-t-elle. Et je connais bien la logique de contrôle des budgets du parlement wallon. Ce serait impensable de ma part de ne pas en tenir compte et de placer l’argent de ces indemnités sur un livret d’épargne L’argent public doit servir à autre chose que cela. Si je n’avais pas de travail, par contre, j’aurais eu besoin de cette somme. Car, comme vous le savez, les parlementaires, à la fin de leur mandat, n’ont pas droit au chômage. Mais ce n’est pas le cas puisque je deviens coprésidente d’Ecolo. Je ne cherche pas à me différencier ou à me distinguer de la sortie de mandat de président de José Happart, mais juste à être conforme à mes valeurs et à celles de mon parti."

Quoi qu’il en soit, le geste d’Emily Hoyos a le mérite d’être assez atypique dans le sérail wallon De mémoire de députés, on ne se souvient pas (même "off the record" ) d’autres exemples aussi altruistes. En effet, en renonçant à ces 120000 euros, Emily Hoyos ampute également sa future pension, puisque la somme ne sera pas reprise dans le calcul final portant sur sa carrière. "En général, quand on explique cela aux élus, cela suffit à convaincre même les plus purs à percevoir quand même leur indemnité", note un connaisseur du microcosme politique.

A titre de comparaison, à sa sortie de charge en 2009, l’ancien président José Happart avait bien empoché les 530000 euros d’indemnités de départ. En provoquant, pour rappel, un tollé général face à la hauteur du montant et suite au fait qu’il avait expliqué qu’il ne voyait pas où était le problème puisque tout était légal "Pourquoi devrais-je avoir honte d’une rétribution qui est légale et parlementaire, et qui a été décidée par d’autres que moi ?", s’était-il justifié. Sans percevoir le caractère maladroit de ses propos, José Happart avait même qualifié les règles générales justifiant son parachute doré d’ "acquis sociaux" Cette indemnité, pour info, est calculée sur le salaire mensuel et sur la durée de la carrière politique. A cette somme s’ajoute une indemnité spécifique relative au statut d’ancien président.

Les Ecolos, d’ailleurs, n’avaient pas été les moins féroces sur la question de la fin de carrière d’Happart : c’est même Emily Hoyos, alors nouvellement désignée présidente du parlement wallon, qui, devant l’énormité de la somme, avait suspendu un temps le versement de l’indemnité de sortie du Fouronnais. Courroucé, fidèle à son style, José Happart avait même refusé de faire la bise à celle qui lui avait succédé au perchoir parlementaire lors d’une cérémonie de décoration d’anciens parlementaires. Pas de bise ? Le clash, quoi ! "Je n’ai pas apprécié la façon dont vous nous avez traîné dans la boue, moi et mes collègues, sur nos indemnités de départ", avait-il publiquement ajouté.

Evidemment, vu ce contexte plombé, il était difficile à la nouvelle coprésidente des Verts d’empocher ses 120 000 euros Sans vouloir réduire son geste à du pur marketing politique, Emily Hoyos devait certainement savoir que ses divers détracteurs sauteraient sur l’occasion d’un éventuel jackpot sur les deniers publics pour ternir son image. Ayant notamment donné un coup de balai sur certaines pratiques au sein de l’assemblée namuroise, elle ne s’est pas fait que des amis (La Libre)

 

07:23 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les commentaires sont fermés.