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21/02/2012

La Grèce sera placée sous haute surveillance (dessin Mercenier)

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L'idée de mettre la Grèce sous tutelle de la troïka n'est plus un tabou. La Commission européenne enverra bientôt des dizaines d'inspecteurs permanents à Athènes afin d'assurer la bonne marche technique du programme et d'en surveiller la mise en oeuvre.
La Commission européenne enverra bientôt des dizaines d'inspecteurs permanents à Athènes afin d'assurer la bonne marche technique du programme et d'en surveiller la mise en oeuvre. Cette présence sur le sol grec sera accompagnée de la création d'un compte spécial permettant de traiter de manière prioritaire les remboursements de dette grecque, dont le principe sera inscrit dans la constitution sous deux mois.
Le ministre des Finances des Pays-Bas Jan Kees de Jager avait donné le ton dès le début des négociations en proposant une «mise sous tutelle» de la Grèce. «Quand on voit les dérapages des comptes publics, c'est probablement nécessaire», a-t-il fait comprendre. Selon lui, la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) sera plus efficace si elle était basée en permanence à Athènes au lieu de ne s'y rendre qu'occasionnellement. «Nous allons devoir nous assurer que chaque promesse faite sera respectée à la lettre», a insisté le ministre néerlandais.
La question de mettre la Grèce sous tutelle était dans l'air depuis quelques jours déjà. Ce week-end, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble avait demandé aux Grecs d'accepter que des fonctionnaires allemands viennent aider leurs collègues grecs à renforcer l'administration fiscale. Le quotidien d'Athènes Kathimerini craint que la nomination d'un «commissaire allemand au fisc» serait une insulte à la souveraineté nationale. Le journal cite encore d'autres responsables allemands qui «conseillent à la Grèce d'accepter une aide européenne pour construire une administration publique efficace».
Une nouvelle publiée lundi par le même journal a apporté de l'eau au moulin aux partisans d'une surveillance plus stricte de la Grèce. L'an dernier, 700 millions d'euros d'impôts ont été recouvrés, soit un milliard de moins que prévu. L'objectif pour 2012, fixé à 2 milliards, paraît d'ores et déjà compromis du fait de licenciements dans le service public.
Comme une entreprise en faillite
L'idée de mettre la Grèce sous tutelle ne choque pas Michel Juvet, chef économiste chez la banque Bordier. «Lorsqu'une entreprise est mise en faillite, un juge nomme un commissaire pour gérer la liquidation. On devrait pouvoir appliquer la même règle à un Etat en faillite d'autant plus que d'autres Etats sont appelés à l'aide», explique-t-il. Pour l'associé de la banque privé, les ministres des Finances pouvaient difficilement parvenir à un accord lundi du fait que de nombreuses questions - participation du FMI, accord avec les créanciers privés - étaient encore en suspens. Toutefois, selon lui, l'heure de vérité dans la crise grecque va sonner lors du prochain sommet européen.
«La Grèce a réalisé des efforts très importants en vue d'obtenir un second plan de sauvetage», a déclaré Christine Lagarde, directrice du FMI, à son arrivée hier à Bruxelles. Hier, le parlement grec est allé encore plus loin dans l'application des mesures d'austérité exigées par la troïka. Il s'agissait de faire des économies supplémentaires de 325 millions d'euros dans le budget 2012. Des coupes, notamment dans les pensions, ont été notamment votées alors même que la mobilisation contre la politique gouvernementale se poursuit à Athènes.
Selon des chiffres publiés lundi par la Banque centrale grecque, le pays poursuit sa plongée dans la récession, avec un recul du produit intérieur brut de 7% en 2012. Selon BBC, les conditions de vie se dégradent jour après jour. Le chômage frappe 20,9% de la population active. C'est le double chez les jeunes de moins de 25 ans. Dans la capitale, quelque 20 000 personnes ont perdu leur logement durant cette dernière année. Athènes a également enregistré 5000 appels téléphoniques de la part de candidats au suicide, deux fois plus qu'en 2010. Une bonne nouvelle toutefois: le secteur touristique a enregistré une hausse de 9,45% l'an dernier par rapport à 2010.

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